Un, deux, trois

bonbons2Quatre,  cinq puis six

Il en ajouta six autres.  Deux carambars goût fraise et quatre goût coca-cola

Se déplaça parmi les bocaux et compta six crocodiles bleu

On l’observait du comptoir. Dix-huit  pièces à présent. On suivait ça de près.

On n’aimait pas ces sales mioches qui vous volent de la marchandise, profitant de ce qu’on avait le dos tourné … Bon, celui-là, on le connaissait bien mais   ça n’empêche    ça n’empêche

Il fureta entre les rayons, à la recherche des bâtonnets de coco

Il en prit trois et les glissa dans le petit sachet transparent.

Dix-neuf, vingt, vingt et un.  Ben, on ne s’ennuyait pas. C’était la fête ou quoi ?images7XGJ5G16

On avait aperçu son billet de cinq euros, serré-là, dans sa petite main gantée.

On se disait : « Il sait pourtant compter, il est en CE2 ». Il ne pouvait pas se tromper. Il ne fallait pas qu’il se trompe.

Vingt-deux, vingt-trois, vingt-quatre. Des boules de guimauve, cette fois. Il en prit encore trois. Vingt-sept. Le sachet était déjà bien rempli.  Il fallait qu’il s’arrête là. Il n’aurait pas de quoi payer, le pauvret…

Huit berlingot ou peut-être davantage vinrent rejoindre les capsules colorées. On ne savait plus évaluer    de loin. On ne pouvait plus     quoi … On avait renoncé et on s’inquiétait. On s’alarmait  même. Il faudrait lui faire comprendre que c’était trop

On s’ingéniait à trouver les bons mots pour le faire renoncer à tant de friandises ? Peuchère, il serait hors budget …

On devait frôler la trentaine de bonbons à présent. Le petit ne semblait ne pas vouloir s’en arrêter là. On allait se rendre malade, à coup sûr. Mais, lui, il continuait à scruter les boites, à déchiffrer les noms sur les étiquettes. Il ne semblait pas se préoccuper du total.

On voyait bien qu’il cherchait autre chose.

« S’il vous plait, Madame Blanchard » – Oh-comme-on-était-poli-et-bien-joli- Est-ce qu’il vous  reste des zans, s’il vous plait, Madame Blanchard ? Il m’en faudrait une boite, c’est pour mes amis, jeudi. – Oh, on était émue. On en avait presque les larmes qui vous montaient aux yeux – C’est mon anniversaire ajouta-t-il. Maman a dit qu’il fallait qu’il y en ait assez, vous comprenez, Madame Blanchard ?

sachet de bonbonsEt là, on avait fondu devant son air réfléchi, son regard déterminé, sa tignasse rebelle mais bien proprette. Et toute Madame Blanchard qu’on était, on avait hissé ses trop nombreux kilos sur la troisième marche du petit escabeau pour attraper le bocal de zan. Le petit avait un sourire d’ange. Il était sérieux comme un pape. Il a recompté ses bonbons et déplié un second billet.

On a bien vu que ça n’allait pas suffire. On a soupiré de bonheur et déclaré que le reste serait cadeau : « Pour ton anniversaire, mon petit Gilbert. Passe bien le bonjour à ta maman. N’oublie pas, hein ? »

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