com interne ma tuer

 

 

 

Si tout communicant a le devoir d’être en empathie avec ses clients, la spécificité du responsable de communication interne est d’avoir ses interlocuteurs à demeure, en permanence. Ils sont là, à deux portes, deux étages, deux mails de lui ; du Comité de direction à la cellule Innovation en passant par la DRH et autres porteurs de projets. Etre en charge de la com’ interne, c’est être sur tous les fronts, à la fois.

Les sollicitations sont nombreuses, variées. Les délais souvent incompressibles et les moyens en termes de délégation ou de relais managérial, pas toujours au rendez-vous. Le challenge est permanent. Un métier passionnant ? Oui, passionnant. Et quand le communiquant interne est un passionné, de ceux qui ne lâchent rien,  – parce que  lâcher, c’est trahir, l’autre, et  soi – de ceux qui veulent « transformer l’essai », le communicant interne s’engage. Et comment générer de l’engagement si on ne l’est pas soi-même ? Une évidence. A ceci près, que l’engagement peut rapidement basculer. Pression, attentes, exaltation … Le risque fait son lit du contrat moral.

La communication interne, un métier à risque ? Celui du sur-engagement, sûrement. Insidieux, générateur d’adrénaline, il avance masqué. Le sur-engagement est une drogue, un produit dopant, et à terme, un poison destructeur, altérant l’appréciation et la santé du sujet. Si les alertes ne sont pas entendues par le communiquant ou son entourage, c’est le surmenage, le burn out et sa cohorte de doutes, de honte, de désaveux de soi-même. Certains ne s’en relèvent pas.

Ereintée, brûlée par mon job, j’ai réalisé que je développais un véritable « syndrome de Stockholm », celui qui consiste à « aimer son bourreau », à vénérer sa vision, son charisme et foncer tête baissée pour participer à L’œuvre,  être à la hauteur des attentes.  J’ai tellement « joué le jeu » que je m’y suis perdue. Le sur-engagement ne m’a pas tuée. Cependant, j’ai travaillé et je travaille encore à renaître du « petit tas de cendres » qui en reste. Qu’avais-je donc à prouver ? Une nouvelle vie commence.

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